Parachutisme Adrénaline
Posté par ET, catégories: Général, Sports1er Octobre, 13hrs30
Ahhh! Soulagement. On est enfin arrivé. J’ai tout fait pour qu’on arrive à l’heure. Mais avec JP qui déménageait un chummey ce matin, avec le pont Champlain qui n’était pratiquement pas atteignable pis avec les chars qui roulaient à 90 dans la voie de gauche, c’est presque un miracle qu’on ait à peine une demie heure de retard.
Mais nous y sommes, Jean-Philippe, Édith, sa sÅ“ur Laurie et moi même. Il fait une température d’enfer (lire : vraiment beau), je suis avec du monde le fun et on est ici pour se lancer en bas d’un avion en plein vol. Eh. Disons que j’ai déjà eu des après-midi plus banals.
Alors que tantôt dans la voiture Laurie semblait se garder en un morceau, Édith elle donnait signe de fragmentations inquiétantes. Mais soit que mon miroir de char était tout cabossé, soit qu’elle s’est remise de tout ça, car là elle semble tout à fait à l’aise. JP, quant à lui, sauterait même en pleine nuit sans parachute, j’suis sur. Et moi, votre humble serviteur, j’avoue avoir de plus en plus la bougeote.
Il n’y en a pas un parmi nous quatre qui en a déjà fait. Je me disais qu’en parlant de ça à mon monde, ça allait se garocher à la banque se chercher un financement pour pouvoir venir. Mais au moins trente personnes de mon entourage ont refusé de se joindre à nous pour cause d’être trop chicken. Je pensais donc y aller seul quand j’ai reçu une réponse positive d’Édith presque sans que j’insiste!
Pour JP, et bien, on l’amène là pour sa fête! En fait, le concept derrière sa venue est qu’il ne devait pas le savoir. Ce devait être un genre de saut surprise, car je savais qu’il faisait parti des élus nés avec le goût de l’aventure. Mais j’ai pensé que ce serait mieux qu’il soit au courant quelques jours avant pour qu’il puisse, tsé, passer un certain temps à avoir hâte et à attendre ce moment là avec impatience et à dormir avec un gros sourire en pensant à ce jour. Je me suis dit aussi que s’il l’apprenait de sa blonde, qui ne pouvait pas être des nôtres aujourd’hui mais qui, pourtant, finance la majeure partie de l’entreprise, il pourrait la remercier comme il se doit. Bref, suite à cette pensée, pensée vraiment très noble, j’ai dû me faire au moins vingt ennemis. Du simple » Voyons dont Éric t’es bin plate ça aurait été comique » de mon boss jusqu’aux » Mon tabarnak j’vais t’tuer mon colisse « . J’en avais peur la nuit. Bref, j’étais le seul à trouver l’idée bonne. Alors je m’excuse JP. Voilà, c’est fait. S’il vous plait, maintenant, arrêtez d’enrouler mon char dans du papier de toilettes.
Alors donc nous arrivons les quatres. En retard, certes, mais l’allure fière. Ou fatiguée. Je ne sais plus. Je ne vois pas Sylvain, l’organisateur, au premier coup d’Å“il, j’sais bin pas où il est.
Ce n’est pas très grand comme endroit. À l’extérieur, une vingtaine de personnes côtoient quelques tables à pique-nique placées au centre. Une petite pièce sans mur gît à droite pour replier les parachutes, une petite cantine et une salle de bain sont stratégiquement réunies sur la gauche et un autre petit cabanon identifié comme étant l’accueil se trouve droit devant, où nous nous rendons justement.
Ah, ok, il faut signer des petits papiers. Retournons dont sur les tables à pique-nique. Ah hey, c’est Mike que je vois approcher! Enfin un visage familier parmi tous ces gens inconnus. » Salut Mike, ça va? « . C’est le beau-frère de Sylvain. On a joué trois saisons de hockey cosom ensemble. Après avoir cherché qui l’interpellait, il me voit et vient me saluer. » Hey salut! Je ne t’avais pas reconnu. Tu portais tout le temps ta casquette avant! » Eh. Jamais porté de casquette. Bah, ce n’est pas grave s’il ne me replace pas, c’est la première fois qu’il me voit sans lunette. Mettons. Alors donc on jase un peu. Il n’a pas sauté encore, mais Sylvain lui est dans l’avion et devrait se catapulter au sol d’un instant à l’autre. Ouais, je commence à être nerveux un petit peu. Ce n’est pas le soubresaut dans le vide qui m’inquiète, c’est plus l’ambiance de l’endroit. Elle est nerveuse. C’est comme quand on est triste dans un salon mortuaire, quand on est joyeux dans un mariage ou fâché quand on écoute un film de Steven Seagal. Sur un terrain où on fait du parachute, on est nerveux. C’est comme ça.
Alors voyons voir ces papiers. Bon! » Informations générales blablabla soyez conscient des risques blabla des accidents, ça arrive tsé blabla vous jurez de ne pas tenir responsable Parachutisme Adrénaline de tout incident survenu lors de votre saut, que ce soit dû à un problème d’équipement ou à une négligence humaine et acceptez de ne pas nous poursuivre, ni vous, ni vos descendants, héritiers ou successeurs. » Ouin ok, ça fait du sens. Hein… ta peu. Négligence humaine? Descendants? Héritiers!? Calvaire, ca s’enligne bin mal. On se marre bien en lisant ça à voix haute. On doit être fous.
On jase un peu en attendant notre tour. On se fait expliquer les positions à adopter pendant la chute libre par le gars qu’on voit partout sur leur site web. Les filles ont l’air beaucoup moins nerveuses que tantôt et JP est juste incapable de ne pas sourire. Excellent. Il est comme moi je pense. Pas vraiment stressé pour le saut, mais juste excité de faire ça! On s’amuse un peu. On prend des photos. Je suis surpris de la facilité avec laquelle je réussi à prendre Édith dans mes cadrages. Il fût un temps où elle fuyait les lentilles comme le soleil fuit mes jours de congés. Je n’ai jamais compris pourquoi, je l’ai pourtant toujours trouvé fort jolie. Mais la voilà, accompagnée de sa charmante nouvelle coupe de cheveux devant la caméra, aux cotés de sa sÅ“ur, Laurie. Pas mal cute elle aussi. Je dois dire par exemple que, depuis les deux ou trois ans que je la connais, elle m’a pas mal toujours intimidé. Elle n’est pas si différente de sa sÅ“ur, mais je sais pas. Je n’ai rien contre, je l’aime bien, mais en fait, j’pense que dans le fond, je crois qu’elle me trouve twit. Pas winner à dire. Mais ça me donnait un malaise en sa compagnie à toutes les fois et que je sois intimidé, bin, ça résulterait de ça. Mais là, je ne l’avait pas vu avant ce matin depuis plus d’un an. Alors c’est moins pire. … Ça fait tu du sens ce que je dis? Anyway.
Ah! Les filles sont appelées à se préparer! Ho ho ho! C’est bientôt l’heure! Elles enfilent leurs tenues, leurs harnais et leur courage. Elles font bien ça, torieux! Aucunement agitées. Ah, pis voilà Sylvain qui vient d’atterrir! Ça a bin prit du temps! Ayoye. On dirait un jello. Il gigote partout, rit à tue tête, parle vite et tout le temps. Il capote. Excellent. Je me sens comme un evil genius qui voit son plan se dérouler à merveille. Celui de lancer ses amis dans le vide.
Voilà les championnes du contrôle du stresse qui se dirigent vers l’avion. Reste plus qu’à attendre!
Le concept! Ahem. Nous montons à bord d’un petit appareil qui doit nous faire grimper, s’il lui plait, à une altitude d’onze mille pieds. C’est haut comment ça onze mille pieds? Une minute de chute libre en tandem à 200km/h, suivi de cinq ou six minutes en parachute. Ouais, haut de même.
Le temps passe. JP et moi on jase un peu, on fait des niaiseries, on prend des petits vidéos. Ça fait une vingtaine de minute déjà. C’est pas vite vite. Ah! Les gens s’agitent! Ok, elles viennent de se précipiter hors de l’avion! On voit à peine l’avion, alors le monde qui tombe, ce n’est pas évident… Un petit point noir… tout juste plus grand que le talent de Sheldon Souray. Ah, et bin voilà qu’elles ont le parachute ouvert. Ah, on nous appelle, c’est notre tour à nous préparer! Ok, on va mettre nos harnais pis toute, mais il ne faut pas manquer les filles en photos lors de leur atterrissage!
Les voilà! Laurie, la blonde à Mike et Édith. Elles ont l’air un petit peu dans les vaps, mais elles sourient, alors je suis content! Je me serais senti responsable d’une mauvaise expérience. Elles nous disent entre autre qu’on ne peut pas crier quand on est en chute libre, trop d’air qui rentre et trop peu de souffle. Eh, JP pis moi on se promet de tester ça!
Bon, c’est à nous. Mon instructeur se présente, Dean. Bien sympathique le monsieur. En m’aidant avec mon harnais il raconte plusieurs blagues qui j’imagine sont sûrement répétées à longueur de journée. Mais ça détend le monde stressé j’imagine. Le temps d’expliquer comment marche mon Canon powershot à Laurie et nous voici en route! J’arrive à l’avion alors que le jeune pilote raconte à JP son histoire d’une belle fille qu’il ne voulait plus coucher avec après que son ami lui ait vomit dessus pendant un tour d’avion qu’il leur avait donné. Ah, au moins il a de l’entrain. C’est une qualité que je recherche chez tous les pilotes qui me font voler vers mon premier saut en parachute.
Yesss, on décolle! Torieux, ça décolle vite un petit avion de même. Alors on est à quatre mille pied. On voit vraiment toute. Aucun nuage, en plein jour. Je vois du mont St-Hilaire au mont St-Sauveur et encore pas mal plus loin, mais j’ai malheureusement la géographie limitée. Ish, le stade Olympique, il flash, hein. Huit mille pieds. On arrive. Ça monte pas vite un avion.
Quand on était jeune, une douzaine d’année environ, Jean-philippe et son frère et moi et mon frère avons fait une promesse d’aller faire du parachute quand on en aurait les moyens ensemble. Et bien regardez nous. N’est-ce pas cute? Je…Woa! Le pilote a décidé de monter à un angle de 45 degré genre. Moi qui fais face au derrière vitré de l’avion qui penche vers le sol, c’est inquiétant. WIP! Il replonge vers le bas! Et derechef vers le haut! Mon pauvre petit cÅ“ur!
Bon, après une solide poignée de main à JP, on installe nos harnais à ceux des instructeurs. Dean m’explique un peu comment ça va se dérouler. En gros on ouvre la porte pis on est aspiré dehors comme dans les films où on tire une balle dans un hublot de boeing. Yesss.
Je suis maintenant face au tableau de bord. Première chose que je vois, le meter de gaz : E \\——F. Ish, une chance que nous autre on saute en bas pour revenir…
» As-tu déjà été aussi proche d’un homosexuel? » que me demande soudainement Dean derrière moi. Heu, non. J’pensais que les jokes d’homosexuels, tsé, d’être à un pouce d’un monsieur pendant qu’on tombe, bin on faisait ça chez nous et qu’eux ils les avaient tous entendus et qu’ils étaient pu capables. Bin non, ils trouvent ça bien drôle encore. Qui l’eût crû.
WHAM! La porte est ouverte! Je suis surpris d’être parfaitement calme. JP est parti déjà. À notre tour. Je tente de faire comme on m’a dit. » Sors le pied sur la petite marche, et attention, il va venter un petit peu » qu’on me disait. Un petit peu. Pire understatement ever. C’est comme si je roulais à 150 sur l’autoroute et que je sortais mon pied pour tenter de le planter dans l’asphalte. Environ la même résistance. Mais j’ai l’air plus intelligent en ce moment par exemple. Au diable la marche, on saute par-dessus! Weeeeeeeeeee!
Tourne…tourne… tombe… vent très froid… bruit… gros bruit dans oreilles… woa… je reviens à moi. Quelques secondes de perdues là j’pense! Le vent est vraiment assourdissant. Bon c’est de moins en moins froid. Je vois JP devant… ou en dessous. Allez, crions! AaaaaaaaaaaaAaaAAAaaaaahh! Crime c’est dont bin dur! Le son ne sort presque pas! Ayoye, on ne se sent pas tomber dutout. C’est comme si on faisait du surplace, mais avec beaucoup de vent qui nous arrive par en bas. Le paysage ne grossit pas vite non plus. Vraiment spécial. Du surplace à trois kilomètres dans les airs. JP a ouvert son parachute. Et là le mien qui s’ouvre. On aurait dit à peine quinze secondes de chute libre. » Attend un peu » que me dit Dean. » On va aller les rejoindre « . Et là il part. On fait des grosses spirales dignes du Cirque du Soleil et avant que je me rende compte de quoi que ce soit, je suis à coté de JP. Crime, pratique un parachute comme ça. Les deux instructeurs se crient des niaiseries, se parlent de Tim Hortons et de danseuses et nous revoilà en train de pirouetter dans une sorte de course pour atteindre le sol. Ouin, » un peu moins violent la descente s’il te plait Dean « , que je finis par lui dire. Du brassage de même au bout d’un parachute, ça ne fait pas du bien à mon coeur. C’est comme ça qu’un flocon doit se sentir…
Plus on descend, plus la vue est belle. Plus haut on voit rien, juste un paquet d’arbre et des routes et des lacs. Mais là, à environ deux cents mètres du plancher, on distingue tout, et c’est là où la vue est la plus impressionnante.
Nous voilà proche du sol! On va le percuter d’une seconde à l’autre! Hip hip hip!
Fiou, on est arrêté. C’est qu’on a glissé par terre et on a roulé assez pour que l’instructeur finisse en avant de moi et que je sois tout emmêlé dans les cordes. Ayoye! C’était dont bien spécial tout ça! Chute libre et parachute. Vraiment pas comme je pensais. Aussi le fun, mais en bien moins éprouvant. Juste là j’ai un peu mal au cÅ“ur par exemple, eh. Mon cadeau pour avoir virevolter dans les airs. Hey JP! » Malade! » qu’il me dit en arrivant. J’comprends! Voilà les filles qui approchent! Allez, JP, c’est le moment de la pause des vainqueurs!
MALADE!
Commentaire par J-P — 2005-10-25 #
Ca fait plusieurs jours que ce post est affiché, pourtant je viens de me rendre compte en passant sur lautoroute tout a lheure que Parachutisme Adrenaline cest a 5 minutes de che nous… Il faudrait p-e que je sorte de ma caverne o_0
Commentaire par Amy — 2005-10-28 #
On veut un update!! :PP
Commentaire par Sabrina — 2005-11-13 #
Ouin je suis fier de toi, j’y avais vraiment cru mais tu m’as complétement berné!
Commentaire par Tchendoh — 2005-11-20 #
ouin c’était assez chargé comme fin de semaine :/
bientôt, promis! :)
(eheh, suckers)
Commentaire par ET — 2005-11-21 #
…what what?! who’s a sucker?
Commentaire par popol — 2005-11-21 #
Je me suis surpris à trouver ton site en googlant Parachutisme Adrénaline sur le net. Ton article sur ton aventure chez nous m’a bien fait rire et ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une aussi bonne description sur notre activité. Avec ta permission, j’aimerais bien la publier sur le site.
Merci pour ce divertissement cérébral.
Fred.
Commentaire par Frédéric S. Baillargeon — 2006-01-22 #
Ah bin écoute, j’viens de me relire et ce n’est pas trop trop incriminant hehe.
Go for it, et merci du compliment :)
Commentaire par ET — 2006-01-22 #